Trouvé sur le
blog de mon confrère Didier Kropp.
Emmanuel Davidenkoff, directeur de la rédaction de l’Etudiant, était l'invité
de cette chronique, à écouter ou à lire.
Je ne suis pas entièrement d'accord avec Didier sur la justesse de cette
intervention, à laquelle j'apporterais quelques précisions.
Toutes les études le montrent : dans la plupart des cas on gagne 1, 2,
3 points maximum. Le soutien ne fait pas de miracle.
En se basant sur des valeurs moyennes certainement.
Mais les situations individuelles doivent également être considérées.
Il m'est arrivé d'être le témoin de progressions très impressionnantes,
notamment dans les cas de figure suivants :
- classes très indisciplinées qui sont un gros obstacle au travail,
- grande motivation de l'élève,
- reprise de confiance de l'élève après qu'il ait accepté de voir que
"c'était pas si difficile".
Je peux citer l'exemple d'une
jeune fille qui l'année passée ne comprenait strictement rien aux notions
relatives aux fonctions numériques, et qui a obtenu un 17 au bac après seulement 3 mois de
soutien.
Une autre de mes élèves, qui l'année passée était vraiment à la peine en
première S, parce que les bases n'étaient pas acquises et que les "cartons"
l'avaient complètement démotivée, vient de commencer sa terminale S, alors que
dès mes premières interventions, j'avais prévenu la famille qu'un redoublement
devait être envisagé même avec mon soutien. Bien sûr, je vais à nouveau la
suivre cette année, probablement à raison d'une séance tous les quinze jours,
mais au moins aura-t-elle évité de passer une année de plus au lycée.
Il est vrai que ces exemples ne sont pas la majorité, mais ils témoignent du
caractère prépondérant d'un point dont n'a pas parlé Monsieur Davidenkoff, la
"confiance en soi".
Pas de paranoïa : dans l’ensemble l’offre est de qualité mais en ce
domaine comme dans les autres mieux vaut se comporter en consommateur exigeant
et avisé : vérifier le niveau de diplôme, et surtout être présent aux
premières séances, de préférence discrètement pour ne pas fausser la
construction du lien entre l’enfant et le professeur.
Dans l'ensemble l’offre est de qualité, si l'objectif est de gagner 1 ou 2
points sur la moyenne...
Mais si l'on veut être plus exigeant, il vaut mieux y regarder à deux fois. Il
suffit pour s'en convaincre de tester les procédures de recrutement des
organismes de soutien. Tous n'ont pas la rigueur affichée dans leur discours
marketing, et les témoignages sur le net pullulent à ce sujet.
Quant à être présent durant les premières séances, à mon avis c'est une grosse
bêtise dans la majorité des cas.
Dans toute situation (éducative, sportive, festive, etc), un jeune ne se
comportera jamais hors la présence de ses parents comme s'ils étaient à ses
côtés. Tous les parents le savent, et d'ailleurs depuis 5 ans, on ne m'a jamais
fait une telle demande.
Sans doute est-il bon cependant, au moins pour les premières séances, que les
parents restent dans une pièce voisine ne serait-ce que pour la sécurité du
jeune, mais il ne faut pas lui laisser l'impression qu'ils écoutent derrière la
porte.
En effet, seul à seul avec l'élève, on peut souvent lui faire révéler des
choses qu'il n'arrive pas à dire à ses parents, notamment s'il est un fainéant
invétéré. L'intervenant pourra à ce moment-là essayer de faire passer la pilule
auprès des parents en utilisant des termes choisis (en tout cas plus choisis
que "fainéant invétéré"), et jouer le rôle d'intermédiaire en conseillant l'un
et les autres.
Cela demande des compétences particulières de la part de l'intervenant, mais je
suis de ceux qui considèrent que cela fait partie de notre travail.