Baisse de niveau
Par Arnaud le vendredi 12 septembre 2008, 17:08 - Général - Lien permanent
Trouvé
via mon confrère Didier Kropp, voici un éclairage
intéressant, écrit par Fabien Besnard à propos de l'évolution des
programmes durant les dernières décennies, et de ses conséquences sur le niveau
des élèves arrivant dans le supérieur.
On y lit notamment ceci :
(...) on a élaboré des exercices qu'on peut traiter sans rien y comprendre, mais qui sauvent les apparences par leur technicité. Prenons l'exemple du calcul d'un PGCD. À une époque pas si lointaine, on calculait le PGCD de deux nombres en classe de 4e en les décomposant en produit de facteurs premiers. Cette technique n'est plus envisageable puisque les nombres premiers ont disparu des programmes du collège. En effet pour s'apercevoir rapidement qu'un nombre est premier il faut maîtriser ses tables de multiplication, ce qui n'est plus le cas d'un grand nombre d'élèves du collège aujourd'hui (voir plus haut). Pour calculer un PGCD un élève (de 3e) est aujourd'hui censé appliquer l'algorithme d'Euclide. Cet algorithme utilisant des divisions successives, il se fait à l'aide d'une calculatrice. Vous avez saisi le tour de passe-passe ? D'une technique simple, efficace et intuitive, mais nécessitant une maîtrise des tables, on est arrivé à une technique trop complexe pour que la majorité des élèves en comprenne le principe mais qui requiert l'usage d'une calculette ce qui annule ipso facto la nécessité de maîtriser le calcul mental.
Cela rejoint mes observations de terrain, et notamment ce petit billet d'humeur de la mi-juillet.



Commentaires
Comme en écho à ce billet, j'ai regardé hier samedi les détails du cours sur les nombres d'une de mes élèves de seconde.
Son enseignant au lycée avait procédé à un rappel de l'algorithme d'Euclide vu en quatrième, suivi de la découverte de la décomposition d'un entier en produit de facteurs premiers.
La charrue avant les boeufs à mes yeux...
Approche intéressante cependant.
C'est alors que nous avons mis en application ce cours en décomposant 6110 puis 705, ce dans le but de simplifier la fraction 6110/705.
A vrai dire, la méthode de la décomposition n'était pas nouvelle pour mon élève, puisque je la lui avais enseignée durant l'été.
Puis, en utilisant l'algorithme d'Euclide, nous avons calculé le PGCD de 6110 et 705, pour nous apercevoir ensemble que la méthode était appliquée de façon très rudimentaire, mon élève écrivant :
PGCD(6110;705)=PGCD(5405;705)=PGCD(4700;705)
=PGCD(3995;705)=PGCD(3290;705)=PGCD(2585;705)
=PGCD(1880;705)=PGCD(1175;705)=PGCD(470;705)
=PGCD(470;235)=235
plutôt que :
PGCD(6110;705)=PGCD(470+8*705;705)
=PGCD(470;705)=PGCD(470;235)=235
Sur la question de savoir pourquoi l'on procédait ainsi, motus (ou plutôt "pft"), et pour cause, le procédé étant particulièrement difficile à appréhender.
D'où une petite discussion sur l'opportunité de choisir l'une ou l'autre méthode, guidée surtout sur la nécessité de comprendre la démarche entreprise.
De retour chez moi, j'ai attrapé mon fils (qui vient de rentrer en 6ème), lui ai rappelé la méthode du crible d'Ératosthène (que je lui avais déjà montrée), puis il a dressé rapidement la liste des nombres premiers inférieurs à 100 (en y laissant au passage 33 et 49, tant pis, il n'a alors eu que deux coups de bâton), puis a sans difficulté décomposé une demi-douzaine de nombres composés.
Si mon fils âgé de 11 ans comprend ces concepts, de même que les Congolais d'il y a 23000 ans comme en atteste l'os Ishango, pourquoi donc attendre la classe de seconde pour l'enseigner ?
NB : la méthode du crible d'Ératosthène.
enseignant, vous pouvez acheter une calculatrice graphique [...]
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Arnaud